On ne tire pas sur une plante pour la faire pousser.
On l’arrose! On l'éclaire! On la protège!

Pourquoi AMARAY?

Dans les campagnes malgaches, l’enfance commence rarement avec des cahiers neufs ou des bancs solides.
Elle débute souvent par une marche longue et silencieuse, sous le soleil déjà fort du matin.
Les enfants avancent, parfois à jeun, souvent pieds nus, sur des pistes poussiéreuses, pour rejoindre une école qui, trop souvent, n’existe plus que sur le papier.

Ce qu’ils y trouvent ?
Des murs abîmés, des salles vides, des leçons éloignées de leur vie.
On leur parle de monde numérique, de réseaux globaux, de logique électrique, alors qu’ils n’ont connu que les pirogues, les charrettes, les rizières, le bois, les feuilles de satrana, le vent de brousse.
On leur enseigne le courant alternatif sans qu’ils aient jamais vu une ampoule s’allumer via une prise murale.
On leur parle de moteurs et de circuits, alors qu’ils n’ont jamais entendu le bourdonnement d’un réfrigérateur.
On leur demande de résoudre des problèmes d’électricité, alors qu’ils vivent sous un toit sans fil électrique.

Une marche vers l’invisible

"Ce n’est pas l’école qui manque aux enfants, c’est l’école qui manque aux villages."

Des pas sans promesse

"Ce n’est pas l’enfant qui échoue, c’est l’école qui oublie d’où il vient."

Chaque formule devient un mystère, chaque schéma une énigme venue d’un monde parallèle.
On leur tend des savoirs sans lien avec leur quotidien. Peu à peu, l’école devient une langue étrangère.
Ce décalage ne produit pas seulement de l’incompréhension. Il engendre la lassitude. Il brise la confiance.

Les enfants décrochent — non par manque d’intelligence, mais parce que l’éducation ne leur ressemble pas.
Elle ne les voit pas. Elle ne parle pas leur monde.

À Madagascar, plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Dans les campagnes, l’école n’est plus une chance.
Elle est devenue, pour beaucoup, un obstacle de plus.

C’est dans cette fracture que certains ont décidé de semer autrement.

AMARAY, c’est quoi ?

AMARAY n’est pas une simple école. C’est un village-école.
Un lieu de vie, de partage et de transmission. Un espace enraciné dans la terre malgache, bâti à échelle humaine, pensé pour que chaque jeune puisse apprendre en restant fidèle à son identité, à sa culture, à sa réalité.

Chaque année, 20 jeunes Malgaches âgés de 16 à 25 ans rejoignent ce lieu unique pour neuf mois de formation immersive. Neuf mois pour vivre ensemble, apprendre autrement, expérimenter le concret, se découvrir soi-même et bâtir un avenir ancré dans les ressources locales.

Mais AMARAY, c’est bien plus qu’un programme :
Ce n’est ni un modèle importé, ni une solution copiée sur d’autres réalités.
C’est une réponse née d’un regard intérieur, d’une conscience lucide portée par des jeunes Malgaches eux-mêmes.
Des jeunes qui connaissent les défis du quotidien.
Des jeunes qui savent que le vrai changement ne vient pas de l’extérieur,
mais émerge du terrain, grandit au cœur des communautés, et prend racine dans la dignité locale.

Ils ont vu. Ils ont vécu. Ils ont compris.
Et ils ont choisi d’agir.
Avec conviction, ils affirment :

« Le changement véritable commence là où les rêves marchent pieds nus. »

Comment ça fonctionne ?

Une pédagogie enracinée, collective et vivante

Un programme en 3 phases : une montée en puissance progressive

Infrastructures pédagogiques

Salles de formation

Centre agricole et d’élevage

Bibliothèque, ressources numériques

Pour que les jeunes réussissent, il faut plus que de la volonté : il faut des lieux pour apprendre, des outils pour explorer, et un espace pour rêver.

Vie quotidienne

Dortoirs ventilés séparés hommes/femmes

Cuisine communautaire

Potager bio

Biogaz, panneaux solaires, eau de pluie recyclée

Atelier de transformation et recyclage

Un quotidien bien pensé, c’est déjà un pas vers l’avenir : dormir en paix, cuisiner ensemble, cultiver la terre, recycler avec sens — vivre mieux pour apprendre plus.

Santé & bien-être

Infirmerie sur place

Suivi médical

Ateliers bien-être

On ne construit aucun avenir sans prendre soin du présent : un esprit serein, un corps en santé, un lieu d’écoute — c’est la base de tout apprentissage durable.

Où ça se passe ?

Nosy Lava : mémoire, respect, renaissance

Nosy Lava, au large d’Analalava, est un lieu à la mémoire dense.
Côté est, à Mahabo, se trouve un site sacré Sakalava, où les rituels ancestraux perdurent.
Mahabo n’est pas un souvenir. C’est une présence vivante. Une force spirituelle qui relie les générations.

Mais Nosy Lava fut aussi une maison de force coloniale (1911–1972).
Elle est longtemps restée symbole de silence, d’enfermement, d’oubli.

AMARAY ne nie pas cette histoire.
Nous voulons la compléter, la rééquilibrer, la réparer.

En y implantant un projet éducatif ancré dans la dignité, nous voulons réécrire l’image de Nosy Lava et la faire redevenir un lieu d’avenir.

Pourquoi Andrafiatoka ?

Le village AMARAY sera implanté à Andrafiatoka, sur le versant ouest de l’île,
à distance respectueuse du site sacré.

Un lieu :

  • calme, ouvert, naturel
  • propice à l’apprentissage et à l’introspection
  • choisi pour bâtir sans bousculer, accueillir sans effacer

Pourquoi isoler les jeunes sur une île ?

Nous avons volontairement choisi un lieu isolé, en rupture avec leur quotidien.

Nosy Lava n’est pas un décor : c’est un cadre de déconnexion, de retour à l’essentiel, de réancrage.
Loin des distractions, des pressions sociales ou familiales, les jeunes peuvent se concentrer sur eux-mêmes, sur ce qu’ils sont, sur ce qu’ils veulent devenir.

C’est un temps suspendu.
Une immersion totale pour se reconstruire, apprendre, rêver, oser.
Un espace-temps pour sortir de l’urgence du quotidien et se reconnecter à sa propre trajectoire.

Une terre pour faire pousser l’avenir

Ce que nous faisons pousser à AMARAY, ce ne sont pas seulement des légumes.
Ce sont des trajectoires, des possibilités, des espaces de confiance.

Nous croyons qu’il est possible :
d’apprendre autrement
de construire sans déraciner
de rêver sans s’arracher à ses origines

Nous avons choisi Nosy Lava pour sa mémoire.
Nous avons choisi Andrafiatoka pour sa paix.
Et nous avons choisi d’y faire pousser un avenir enraciné, digne et vivant.

Ici, chaque outil tendu est une promesse.
Chaque apprentissage reconnecte les jeunes à leur propre puissance.
Ce n’est pas un modèle que nous imposons, c’est un souffle que nous éveillons.
L’avenir ne s’importe pas : il germe là où les racines sont profondes.

Là où les rêves marchaient pieds nus, ils prennent racine.
Et demain, ils tiendront debout.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Mark Twain

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